Le plaisir de rompre

A l’approche de son mariage avec une jeune fille de bonne famille dont il n’est pas vraiment amoureux, Maurice rend une dernière visite à Blanche, la femme qui l’a autrefois initié à l’amour et qui doit elle-même faire un mariage de raison dans les prochains mois. En guise de cadeau d’adieu, Maurice voudrait qu’ils soient amants une dernière fois mais Blanche ne l’entend pas de cette manière.

Le pain de ménage

Un soir d’été dans une maison de vacances, alors que leurs mari et épouse sont dans leurs chambres respectives, Marthe et Pierre se retrouvent dans le salon de jardin et entament une conversation semblable à celles qu’ils ont eues de nombreuses fois, depuis plusieurs années. Un petit jeu de la séduction qui n’est pas sans risque.

La simplicité fixe l'essentiel...

Cette phrase d'Auguste Rodin, affichée dans son atelier résume parfaitement l'esprit dans lequel je veux mettre en scène " Le Plaisir de rompre" et "Le Pain de ménage", ces deux bijoux écrits par Jules Renard, contemporain du sculpteur et de 24 ans son cadet.

 

En relisant ces deux pièces (présentées régulièrement au public depuis leur création mais toujours avec des intervalles assez longs), j'ai été frappé par l'apparente simplicité des situations qu'elles nous présentent et la complexité de l'âme humaine qui s'en dégagent. La sensualité omniprésente derrière leurs dialogues vifs et acérés où se cachent des cœurs qui battent la chamade sans en laisser rien voir. L'intelligence et la rapidité d'esprit qui veulent masquer l'amour véritable sans rien laisser paraître. Un régal pour le spectateur qui pourra reconnaître ses propres troubles et interrogations face à des sentiments qu'il n'a jamais pu ou su exprimer.

 

Mettre en scène ces deux pièces en les figeant à un instant "T", comme le reflet d'une époque révolue en faisant la description d'une société bourgeoise soit-disant disparue serait une erreur.  Aujourd'hui, au cœur de nos sociétés, au moment même où le débat sur la situation de la femme et son droit à disposer d'elle-même bat son plein, je suis frappé par la modernité de la pensée de Jules Renard et sa clairvoyance. Blanche pour "le Plaisir de rompre" et Marthe pour "Le Pain de ménage" mènent le jeu. Chacune, à sa manière, est la pierre angulaire, l'axe central d'une situation qui pourrait "déraper" mais qu'elle maîtrise par son intelligence et sa féminité

Scénographie

En visualisant la scène des deux pièces, les personnages de Blanche, Maurice, Marthe et Pierre m'ont tout de suite fait penser à des personnages de Sempé qui exprimait dans ses dessins, en quelques coups de crayons, tant d'humanité.

 

Voilà pourquoi, j'imagine les personnages évoluant dans un décor de toiles peintes à la manière du grand dessinateur, avec des lignes épurées et intemporelles, tout en évitant la caricature. Leurs costumes devront se fondre "dans la toile" pour suggérer au public l'intemporalité et l'universalité des sentiments.

 

Les effets lumières auront une grande importance pour mettre en valeur les toiles du décor.

 

Plus diffus pour le salon du "Plaisir de rompre" où un feu de cheminée crépite.

 

Pour le salon de jardin du "Pain de ménage" un crépuscule et, plus tard, une lune montante à travers la pergola du salon de jardin seront évoqués .

 

Edgar Givry

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